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Transhumanisme : les objets connectés feront-ils de nous des super-héros ?

L'internet des objets va-t-il initier le transhumanisme et faire de nous des super-héros ?

À l’heure où les objets connectés se démocratisent et proposent de plus en plus de fonctionnalités, il semble évident que la prochaine évolution du genre humain repose sur la technologie. L’internet des objets va-t-il diriger la révolution du transhumanisme ?

Au cours de nos existences, nos échecs nous le font comprendre : nous ne sommes guère que des humains. Cependant, la technologie est actuellement en train de redéfinir la notion d’humanité. En y réfléchissant, nous sommes largement différents de ceux qui nous ont précédés. La technologie nous a permis de relever de nombreux défis, mais nous aide également à améliorer notre condition.

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La peau, les poumons, les organes artificiels, les hologrammes tactiles, les appareils à contrôle gestuels… toutes ces innovations mettent en exergue une évidence. Le transhumanisme est la prochaine étape de l’évolution humaine. Tous les éléments de la physiologie humaine (les sens, les organes, le cerveau, le squelette, les muscles) seront tôt ou tard améliorés par l’Internet des Objets.

Transhumanisme

Selon le dictionnaire, le terme transhumanisme est une théorie et un mouvement intellectuel selon lesquels la race humaine peut évoluer par delà ses limites mentales et physiques actuelles grâce à la science et à la technologie. Les origines de cette notion trouvent leurs racines dans les confins de la science-fiction, mais sont en passe de devenir réalité. D’une certaine manière, la transition a déjà commencé, avec par exemple la démocratisation de la chirurgie plastique ou la quantification et la connexion de notre monde via l’Internet des Objets.

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Les objets connectés et l’Internet des Objets sont en train de repousser les limites des capacités intellectuelles, physiques et psychologiques de l’humanité. Toutefois, si la technologie peut améliorer nos vies, il est important de mesurer les conséquences éthiques des modifications technologiques du corps humain. Le transhumanisme pourrait inaugurer un nouvel âge d’or pour l’humain, mais également le mener vers une chute inexorable.

Les objets connectés inaugurent la transformation

Il est important de comprendre la nature des technologies mélioratives. Les objets connectés et l’Internet des Objets reposent sur les avancées dans différents domaines, tels que l’ingénierie matérielle et les mécaniques quantiques. Nous sommes encore loin des implants cybernétiques sur demande imaginés par les visionnaires. Néanmoins, plusieurs entreprises développent déjà des exosquelettes pour augmenter la force et permettre aux individus de déplacer des objets lourds de façon sécurisée. Divers appareils médicaux et autres technologies améliorent déjà l’expérience humaine.

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Par exemple, seuls les chercheurs et les cliniciens tirent parti des derniers wearables de diagnostic, mais les consommateurs ont accès à des t-shirts haptiques, à des appareils sportifs intelligents ou à des capteurs intégrés à des chaussures et des bracelets. Ces accessoires permettent de mieux mesurer l’effort, et par extension d’augmenter la sensation ressentie pendant l’exercice. L’utilisateur peut mesurer ses progrès, et détecter ses propres problèmes de santé.

De même, l’omniprésence des smartphones dans la société moderne est un fait non négligeable. Des firmes comme Apple ou Samsung ont déposé des brevets pour des technologies holographiques reposant sur des lasers, des lentilles et des capteurs pour projeter des écrans holographiques interactifs pour les smartphones.

Des chercheurs japonais ont également développé des hologrammes tactiles, baptisés Fairy Lights, conçus à partir d’un laser capable d’exciter la matière physique pour émettre une lumière 3D. Ce laser produit des pulsations à haute fréquence (entre 1000 et 200 000 par seconde) pour créer des images holographiques tactiles. Plutôt que d’être enchaînés à un appareil, les utilisateurs ont une plus grande liberté de mouvement, et un accès à des images de haute qualité pour entreprendre des projets ou voir comment une tenue pourrait leur aller sans avoir à l’essayer.

L’augmentation du futur

De nombreux appareils visent à remplacer votre souris et votre clavier. Certains de ces appareils sont tout simplement magiques. Des contrôleurs basés sur les gestes ou des gants connectés sont munis de caméras capables de mesurer la profondeur pour détecter le mouvement. C’est le cas du Myo Gesture Control Band, permettant de contrôler les ordinateurs, drones et véhicules à distance en bougeant le bras. D’autres technologies comme Leap Motion offrent l’opportunité de manipuler le monde virtuel à l’aide de ses mains sans autre intermédiaire.

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L’un des principaux intérêts de la technologie est d’aider les personnes handicapées à relever des défis physiques. L’entreprise Cambridge Bio-Augmentation a développé un adaptateur universel pour les prothèses. Cet adaptateur réduit la douleur liée à l’usage des prothèses, tout en permettant de transmettre les signaux naturels des neurones, des muscles et des os.

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La progression naturelle des projections 3D est sans nul doute la modification du champ de vision. Une entreprise a développé une technique de chirurgie de la cataracte pouvant donner aux patients une acuité visuelle trois fois supérieure à une vision de 20/20. Ces lentilles bioniques ne sont pas encore disponibles dans le commerce, mais peuvent être implantées en 8 minutes. Dans un futur proche, la technologie et la biologie seront enfin connectées.

Les avancées dans le domaine des objets connectés et des technologies associées ne sont pas limitées au domaine des wearables et des prothèses. Les chercheurs de Harvard ont créé une raie manta robotique activée par la lumière. Cette création comporte à la fois des éléments naturels et artificiels. Les tissus artificiels capables de croître et de s’améliorer ne sont pas une nouveauté. Les scientifiques travaillent durement pour créer des organes artificiels capables de sauver la vie de milliers de personnes en attente d’un don d’organes. Il serait même possible, à terme, de greffer des cerveaux artificiels.

Cerveau artificiel

Les chercheurs de Singapour ont réussi à développer des parties de cerveaux en laboratoires. Ce succès permet non seulement de mieux comprendre la partie la plus complexe du corps humain, mais également d’envisager d’aider les individus souffrant de dommages cérébraux. Ces avancées pourraient également être utilisées pour rendre les humains plus intelligents et améliorer les interactions entre eux.

De même, l’EEG/ECD sans contact de Freer Logic est capable de lire et de surveiller l’activité cérébrale à distance. Par conséquent, une activité cérébrale anormale pourra être mesurée dans les aéroports pour détecter les menaces potentielles. Les réactions cognitives des clients dans les magasins pourront être identifiées pour repérer les intérêts. La concentration des conducteurs de train pourra être évaluée pour éviter les accidents.

Pour l’heure, les appareils modernes s’apparentent à des agglomérations de capteurs et de circuits, mais ce constat pourrait prochainement changer. L’une des dernières révolutions matérielles est la création d’un métal liquide capable de se déplacer par lui-même. On peut imaginer les possibilités, tels que circuits flexibles ou des combinaisons de sécurité dont la forme peut s’altérer pour mieux protéger le porteur.

L’éthique de l’amélioration

Les wearables et les autres formes de technologie offrent de nombreuses promesses, permettant aux handicapés de vivre des vies normales, tandis que les autres peuvent dépasser leurs propres limites. Cependant, le transhumanisme présente des défis en termes d’éthique.

L’amélioration du corps et de l’esprit via la technologie soulève de nombreuses questions. L’essence de la notion d’humanité est remise en cause. Il est clair que l’aide aux individus est un aspect bénéfique des wearables, mais les améliorations visant à créer des « super-pouvoirs » sont plus discutables

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Certaines de ces interrogations ont déjà été posées avec l’essor de la chirurgie esthétique. Cette discipline peut venir en aide aux victimes de brûlures, mais elle peut également créer des personnes dotées de visages artificiels. Francis Fukuyama est l’une des voix qui se lèvent contre les dangers potentiels des améliorations technologiques. Les différences entre les riches et les pauvres, le contrôle de l’accès à la technologie et les dérives de la technologie font partie des points qui nécessitent un débat.

Les questions sur l’humanité, les valeurs et l’éthique doivent être posées. Que se passera-t-il quand nous évoluerons grâce à la technologie ? Gageons que ces interrogations trouveront bientôt leurs réponses.

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