Accueil / Insolite / Les machines de votes: insécurité dans les isoloirs

Les machines de votes: insécurité dans les isoloirs

machine de vote met en danger la sécurité

En 2016, Brian Varner a fait l’acquisition de deux machines de votes pour la modique somme de 100 $ l’une. Pas besoin d’aller sur d’obscurs sites ou de se rendre sur le Dark Web. Non, ces propriétés du gouvernement américain ont tout simplement été achetées sur eBay.

Étonnant, voire carrément alarmant lorsqu’on pense à tout ce que ces machines contiennent. Brian Varner se rend vite compte qu’il ne s’agit pas uniquement de protection des données, mais d’une véritable brèche de sécurité. Pas besoin de chercher bien loin pour que l’ingénieur se rende compte que ses instruments de vote ne sont pas suffisamment protégés.

Un jeu d’enfant

Vous pouvez donc recevoir chez vous des machines de vote aussi facilement qu’un nouvel aspirateur ou une enceinte par exemple. Pas besoin de débourser une fortune ni d’attendre une éternité. Il a suffi de quelques jours pour que Brian puisse déballer ses nouveaux jouets. Ce ne fut pas la première surprise de cet ancien membre de la NSA (National Security Agency). Pour commencer, ces machines de votes étaient en parfait état et fonctionnaient encore très bien. Comment se sont-elles retrouvées sur eBay, c’est une question à laquelle Mr Varner n’a pas su répondre. Cependant ce qui a réellement surpris Brian c’est leur facilité d’accès et les données qu’elles contenaient. Nombre de votes, le nom des candidats, bref tout ce qu’il faut pour mener à bien une élection. Les citoyens qui ont voté ne comprendraient pas bien l’utilité de l’isoloir s’ils apprenaient ça.

les votes sont menacés

Encore mieux, il y avait toujours l’aigle fier et conquérant flanqué sur ces machines. L’emblème du gouvernement américain veillait et reconnaissait ces machines comme sa propriété, pourtant elles étaient à présent chez Mr Varner. Quelqu’un a bien dû les prendre et les vendre. Cette personne vend donc délibérément des informations classifiées, à moindres frais et sans subir aucune conséquence.

«Et si ça avait été un autre»

C’est sans doute la question que s’est posée Brian Varner lorsqu’il a découvert la facilité d’accès de ces machines. Bien sûr ce chercheur en sécurité au sein de l’entreprise Symantec, ne se les ai pas procurés afin de commettre des actions illicites. C’est par curiosité et par souci d’amélioration qu’il en a fait l’acquisition : un projet qui lui permettra de mieux comprendre les failles de ces machines de votes afin de les résoudre. Grâce à ses compétences, il a pu entrer dans le cœur de ces appareils afin de modifier leur manière de fonctionner et de les contrôler entièrement. Il s’est même amusé à changer le nom des candidats et à les faire remporter les élections avec des scores recors. Comme quoi, ce n’est pas si difficile la politique.

Le problème ici c’est qu’une personne mal intentionnée, qui aurait les mêmes compétences, serait tout à fait en mesure de faire la même chose. Seulement, elle le ferait pour des raisons bien plus sombres qui pourrait profondément alterner le cours d’une élection.

C’est ce danger que tente de dénoncer Brian : un risque national qui ne coûte que 100 $ sur eBay.

les machines de vote menace la sécurité des élections américaines

A quoi bon se mettre dans un isoloir 

Vous pensez certainement que tout ceci est terminé, qu’on ne trouve plus aucune machine et pourtant… Brian Varner a pu en commander d’autres beaucoup plus récentes. Ces machines-là ont même été utilisées durant les élections présidentielles de 2016. Et là une surprise de taille : elles sont encore plus faciles d’accès: ports USB et autres composants qui rendent leur utilisation bien plus plus facile à hacker. On ne sait plus bien s’il faut rire ou pleurer. La nouvelle génération est pire que l’ancienne, à quoi bon les changer.

Le tableau n’est pas complètement noir, il faut leur reconnaître une amélioration : le gouvernement à réaliser des enquêtes afin de mieux contrôler et plus fréquemment ces outils de votes. Mais d’un autre côté on a aussi vu un enfant de 11 ans hacker un site de simulation de vote durant la DefCon, là encore pas de mauvaises intentions, juste un gamin qui voulait s’amuser. On n’ose même pas imaginer ce que pourrait faire une personne avec de vraies motivations.

machines de vote aux USA

Les votes ne sont plus en sécurité

C’est impensable de se dire que des machines avec tant de données sensibles soient aussi vulnérables. Curieusement les lois appliquées pour la sécurité de ces machines ne s’appliquent pas pour le système des élections. Ainsi, pas de protection réelle lorsqu’il s’agit de la sécurité des votants, ou de celle de leur vote.

Depuis que ces machines sont sur le marché, n’importe qui peut les acquérir, les trafiquer, les modifier puis les remettre sur le marché. Rendez-vous compte du risque encouru ? Il suffirait qu’un pays étranger s’en empare et les modifie comme l’a fait Brian Varner pour pouvoir influencer ou carrément changer les votes dans un canton ou carrément un état. C’est précisément la plus grande peur de ceux en charge de la sécurité des votes. Ce n’est pas la taille de la brèche de sécurité qui compte, mais ce qu’elle pourrait engendrer : insécurité, perte de confiance dans le système d’élection américain…

machines de vote dangereuses pour la sécurité nationale

Un changement possible

Malgré l’énorme risque encouru, les états américains restent sur leur garde. Ils sont très attachés à leurs droits et à leur liberté. Pourtant, selon Brian Varner, ça serait la parfaite opportunité de changer tout cela, et d’enfin proposer une loi nationale qui protégerait les votants ainsi que leur vote. Autre point sur lequel Mr Varner insiste, c’est la désuétude de ce système de sécurité. Il n’est plus adapté du tout, et les États-Unis ne peuvent plus continuer ainsi. Pas de données cryptées, tout est stocké sur un disque dur, tout cela ne convient pas au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il faut s’adapter vite, ou le système électoral américain pourrait en pâtir.

Brian Varner finit tout de même son plaidoyer sur une note positive, rien n’est perdu, il faut simplement travailler ensemble et admettre que le mode électoral actuel n’est pas le bon. Lorsque cela sera admis, le plus gros sera fait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *