Accueil / Internet des Objets / Les machines à voter, actrices clefs des élections congolaises

Les machines à voter, actrices clefs des élections congolaises

machine à voter au congo

Fin décembre, la République démocratique du Congo devrait connaitre ses premières élections présidentielles depuis 2006. Elles auraient dû avoir lieu plus tôt mais elles ont été repoussées pour, officiellement, des problèmes d’organisation.

La République démocratique du Congo a repoussé ses dernière élection. L’opposition accuse elle le président en place depuis 2001 Joseph Kabila, de gagner du temps. En effet, selon la Constitution il ne peut se présenter une troisième fois. Pour répondre aux fameux « problèmes d’organisation », le pouvoir a décidé de mettre place des « machines à voter ». Le Congo fait donc le choix du vote électronique, un choix très décrié et pas seulement dans ce pays.

Pourquoi le choix des machines à voter

La République démocratique du Congo possède un territoire immense, près de cinq fois la France et une population de plus de 81 millions d’habitants. Si le français est la langue officielle, il existe quatre autres langues : kikongo, lingala, swahili et tshiluba. Nous sommes donc en présence d’un pays vaste, possédant des populations disparates qui ne parlent pas forcément la même langue. De plus les élections de 2018 portent sur les élections présidentielles, provinciales et législatives. Les électeurs doivent choisir entre une multitude de candidats. Les coûts importants en termes de bulletins de vote mais aussi la difficile identification des candidats sont des raisons qui poussent au choix du vote électronique. Pourtant ce choix est très décrié, notamment à cause des risques de fraudes.

Des fraudes déjà observées dans d’autres pays

Si la République démocratique du Congo utilise fin décembre les machines à voter, elle ne sera pas la première à le faire. Il y a eu des essais en France, qui ont fait débat, mais aussi en Argentine. En 2015, pour les élections municipales à Buenos Aires, les autorités ont fait le choix des machines à voter. Un chercheur en sécurité informatique a prouvé que les certificats SSL pour certifier les résultats étaient accessibles. Comme le rappelle 1&1 IONOS, un certificat SSL chiffre toutes les informations transmises vers et depuis un site Internet, qui est ainsi protégé des tentatives d’accès par des tiers. Dès lors un hackeur peut modifier les résultats à distance, ce qui devient problématique.

Les machines à voter ont-elles un avenir en politique ?

Les élections congolaises vont être un véritable test pour les machines à voter. En effet, elles n’ont jamais été utilisées à une telle échelle, dépassant rarement le cadre des élections locales. On parle cette fois de plus de 40 millions d’électeurs et surtout d’un scrutin à haute tension. Le Congo est l’un des pays les plus riches au monde en termes de ressources minières. Il est indéniable que certains acteurs tenteront d’avoir une influence sur ce vote et cela pourrait très bien passer par le piratage informatique. Dans le reste du monde, la plupart des pays restent réticents à l’idée de mettre en place un vote électronique et si l’élection congolaise se passe mal, cela pourrait bien enterrer les espoirs des partisans des machines à voter. La question de la sécurité est au cœur de ce débat. On vous parlait de cet américain qui avait pu acquérir facilement sur eBay des machines américaines et ainsi étudier leur fonctionnement, ce qui prouve que même les États-Unis sont loin d’avoir réglé ce problème.

Les élections congolaises peuvent marquer un tournant politique, puisque ce pays n’a plus connu de transition démocratique depuis les années 60, mais elles peuvent aussi marquer un tournant technologique. Les machines à voter auront un rôle capital à jouer et une défaillance pourrait bien condamner ce système de vote.