Les quatre défis à surmonter pour l’Internet des Objets

les 4 défis à surmonter pour l'internet des objets

Lentement mais sûrement, les objets connectés sont en train de se frayer un chemin à travers notre vie. Comme les ordinateurs, les portables puis les tablettes avant eux, ils s’apprêtent à changer radicalement notre quotidien, mais pas sans accrocs. En effet, quelques questions restent à régler et quelques évolutions à assurer pour établir l’Internet des Objets tel que nous en rêvons. Petit tour d’horizon des quatre principaux défis qui restent à relever :

1) L’interconnexion des objets connectés

Évoquer l’interconnexion des objets entre eux nécessite de revenir sur deux définitions centrales : le Web des Objets et l’Internet des Objets. Le Web des Objets désigne l’extension du World Wide Web (le réseau internet tel qu’on le connaît aujourd’hui) à des objets qui ne sont généralement pas connectés. Il s’agit de dispositifs connectés à Internet dans le but d’optimiser leurs capacités. L’Internet des Objets représente davantage un nouveau type de réseau, une toile qui impliquerait les objets connectés dans un Web 3.0. Pour faire simple, non contents d’être connectés à Internet, les objets seraient connectés entre eux et pourraient échanger des informations sans passer par un tiers.

Il n’est probablement pas nécessaire de rappeler que l’Internet des Objets était le rêve de ses pionniers, mais que nous y sommes loin. En effet, les objets interactifs sont aujourd’hui quasiment inexistants. Très loin des objets bavards que l’on attendait, on se retrouve entourés d’objets connectés à un même réseau mais aveugles les uns des autres. Dans le meilleur des cas, les seules à qui ces dispositifs communiquent sont les firmes qui les ont mis au monde. On est plus proche du Web 1.0 que du Web 3.0 censé incarner le futur.

Néanmoins, l’espoir persiste. Il est possible que l’Internet des Objets n’en soit qu’à sa première phase d’existence : celle où l’on cherche, on innove, on teste chacun de notre côté. Plusieurs infrastructures sont actuellement en train de se mettre en place pour effacer ces frontières. Comme exemple, citons le Lab of Things, ce nouveau système d’exploitation développé par Microsoft. Spécialement conçu pour l’Internet des Objets, il propose un tableau de bord permettant de gérer les différents appareils connectés de la maison, permettant de centraliser toutes ces multiples connexions. Alors certes, le principe reste le même : les objets discutent entre eux de manière indirecte, toujours en passant par un serveur domestique, mais la volonté est bien là. Une volonté de rassembler tous les dispositifs connectés d’une habitation en un seul réseau. Difficile de faire mieux quand les objets ne peuvent se comprendre entre eux.

2) L’interopérabilité des objets connectés

C’est une question qui vient naturellement dès que l’on s’interroge sur l’interconnexion des objets. En effet, si l’on désire que deux dispositifs différents puissent fonctionner l’un avec l’autre, il faut réfléchir à un système où les objets exploitent les mêmes protocoles de communication. Cela pose la question des standards. De manière générale, tout le monde s’accorde à trouver le principe positif. Internet lui-même doit son succès à l’adoption universelle de certains protocoles de communication (le fameux HTTP notamment, que vous trouvez devant chaque page web). Il s’agit d’un langage commun qui, qu’importe l’ordinateur, le système d’exploitation ou le navigateur, permet à Internet d’être utilisé par tous de la même manière. Nous pouvons même nous avancer jusqu’à dire que c’est grâce à ces protocoles de standardisation que la Toile est devenue cette masse d’informations que nous connaissons aujourd’hui.

Dès lors, qu’attendent les grandes marques de l’Internet des Objets pour définir de tels standards ? En l’occurrence, le problème ne vient pas de leur absence mais de leur surabondance. Occupées à se battre pour imposer leurs propres protocoles de communication, la plupart des grandes firmes ne permettent pas aux objets connectés de former le grand réseau que tout le monde attend. Le problème a cependant été bien identifié puisque des solutions concrètes commencent à se manifester, comme 6LoWPAN (IPv6 over Low-Power Wireless Personal Area Networks), qui permet de connecter les objets directement sur le cloud plutôt qu’en passant par un dispositif tiers (smartphone, tablette). Hélas, même s’il s’agit probablement d’un précurseur dans l’Internet des Objets, il ne deviendra un standard que lorsqu’il sera utilisé par la totalités des dispositifs connectés. Affaire à suivre.

3) La sécurité des objets connectés

Il est impossible d’aborder les défis à relever pour l’Internet des Objets sans parler de la sécurité. Si la question se pose aussi pour l’Internet traditionnel, elle se fait plus primordiale encore lorsqu’il s’agit non plus d’ordinateurs mais d’objets personnels, de caméras ou de tout autre dispositif connecté. Le sujet est particulièrement sensible depuis les articles parus à propos de Shodan (le moteur de recherche capable de déceler n’importe quel objet connecté du monde, dont nous vous parlions déjà ici) ou sur les réfrigérateurs piratés sans aucune protection (petit rappel ici). L’Internet traditionnel se dote d’antivirus, d’antimalwares et de pare-feux de plus en plus efficaces pour contrer ce problème, si bien qu’un véritable marché s’est développé autour de ces logiciels. Si l’Internet des Objet désire à son tour décoller, il s’agira avant tout de palier à ces soucis de sécurité en développant enfin des protections adaptées et régulièrement tenues à jour pour nos dispositifs connectés.

4) Le prix et la disponibilité

Créer un Internet des Objets idéal ne sert à rien s’il reste cantonné à une utilisation marginale. Avouons-le, malgré les produits extrêmement intéressants qui existent aujourd’hui sur le marché, rares sont les personnes, en France en tout cas, à collectionner les objets connectés. Par “personnes”, nous parlons bien sûr des particuliers, disposant d’un budget moyen et le train de vie de vous et moi. La cause : les prix parfois anormalement élevés et la rareté des points de vente physiques (LICK est une enseigne de magasins spécialisés dans les objets connectés), éliminant toute opportunité d’achat spontané. Une offre faible qui est en adéquation avec une demande minimum. Il faut dire que pour l’instant, l’Internet des Objets est peu ancré dans les mentalités. Le manque d’information sur le sujet fait que peu de personnes connaissent la plus-value de certains dispositifs (quand ils n’ignorent pas complètement l’existence des objets connectés). Souvent, l’utilisation de ces produits peut être considérée comme superflue et destinée à un public marginal, alors que beaucoup d’objets se connectent pour aider à la santé, au bien être ou au confort et pourraient intéresser tout le monde. En clair, si l’on désire que l’Internet des Objets décolle vraiment, il s’agira d’informer sur ce domaine et de rendre ces produits disponibles pour le plus grand nombre.

3 Commentaires

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  3. @ym_boulvert La question des algorithmes de traitement des données en volume générer par les objets est un défi ?