La sécurité des voitures connectées remise en question

De plus en plus sur le devant de la scène, les voitures connectées sont source de beaucoup de fantasmes, et aussi d’inquiétude. Dans le cadre de l’émission ” 60 minutes ” de la chaîne américaine CBS, un informaticien est arrivé à pirater une voiture connectée neuve, parvenant même à contrôler accélérateur et freins. De quoi relancer le débat sur la sécurité des voitures connectées.

Failles en pagaille

Alors même que les inquiétudes concernant la sécurité des voitures connectées grandissent, CBS vient d’apporter du grain à moudre au moulin des sceptiques sur les voitures connectées. Dans son émission “60 minutes”, la chaîne présentait un dossier consacré aux failles de sécurité des voitures connectées. Une experte de la DARPA, Kathleen Fisher, les présentait même comme des “ordinateurs sur roues”. Et donc… des voitures piratables.

preuve manque sécurité des voitures connectées

Avec démonstration à l’appui (voir vidéo au dessus). Et ce, avec un simple ordinateur portable ! Une personne mal intentionnée capable de contrôleur la voiture d’une tierce personne est potentiellement capable d’un véritable carnage. De quoi doucher l’enthousiasme des plus grands fans de K-2000, surtout après la faille de sécurité du système BMW ConnectedDrive. Une faille qui permettait à un voleur équipé d’un téléphone portable, de déverrouiller à distance une des BMW, ou Roll Royce concernés (sois plus de 2 millions de véhicules!). Et ce, sans effraction. Dans un monde où les voitures connectées seront de plus en plus nombreuses, il y a de quoi effrayer.

Un danger sans adversaire

Quelques jours auparavant, le sénateur américain Edward J.Markey avait publié un rapport sur la sécurité des voitures connectées. Dans le rapport en question, des données fournies par 16 constructeurs automobiles*.

Les constructeurs avaient dû répondre à un questionnaire envoyé en décembre 2013, et il en ressortait qu’aucune mesure n’avais été mise en place contre le piratage, le hacking ou le vol de données sur les voitures connectées. Par négligence ? Pire, par ignorance ! Les constructeurs n’étaient semble t-il même pas au courant que leurs modèles pouvaient être hackés par un smartphone via bluetooth ! Une absurdité aux yeux de Edward J.Markey, qui jugeait «qu’ils n’ont pas fait leur travail pour nous protéger» et qu’«il y a un manque clair de mesures de sécurité appropriées pour protéger les conducteurs contre les pirates».

Le sénateur américain Ed Markey

Mais il faut dire que les constructeurs ne sont pas innocents : selon le rapport, ils ne sont pas les derniers à récupérer en douce des infos sur leur client… un vrai problème de confidentialité qui n’est pas sans rappeler la politique facebook. Si les constructeurs automobiles ne réagissent pas, plus que tuer leur marché, ils risquent de faire revenir à la mode les bonnes vieilles 4L…

Et ce ne sont pas les excuses pour la forme de L’Alliance des constructeurs automobiles, qui a déclaré à l’AFP que “des protections solides des données privées des consommateurs et une sécurité solide des voitures sont nécessaires pour maintenir la confiance de nos clients.” qui rassureront grand monde sur la sécurité des voitures connectées. Même si dans le même sens, les constructeurs “se sont engagés à fournir des protections accrues pour les types d’informations les plus sensibles” allant “au-delà des principes similaires dans d’autres secteurs.”

*Liste complète : BMW, Chrysler, Ford, General Motors, Honda, Hyundai, Jaguar Land Rover, Mazda, Mercedes-Benz, Mitsubishi, Nissan, Porsche, Subaru, Toyota, Volkswagen et Volvo.

 

  source: ladn.eu