Les Google Glass, où en est-on vraiment ?

Tout et son contraire paraît quotidiennement sur les google glass et leur avenir. Vous étiez perdus ? Nous l’étions certainement un peu aussi, alors pour y remédier, nous avons fait appel à un expert en la matière, Florent Gastaud, co-fondateur du site goglasses.fr, un site consacré aux lunettes connectées. Maintenant au point sur le sujet, nous vous avons concocté un récapitulatif sur les Google Glass pour que vous puissiez tout savoir à leur sujet.

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Florent Gastaud – Co fondateur Goglasses.fr

Comment les Google Glass ont débuté

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En juin 2012, les Google Glass étaient présentées “en grandes pompes” se souvient Florent GASTAUD, “médiatiquement ça a vite marché, le lancement s’est fait via des hommes qui sautaient d’un avion avec les glass, ils atterrissaient en parachute, faisaient du BMX sur un toit avant d’arriver en direct sur le plateau de Google I/O

Cette première version était déjà aboutie selon Florent, “elles ressemblaient déjà au modèle d’aujourd’hui, il n’y a pas eu d’évolution en terme de design”. Pourtant au départ, cela a représenté un grand travail, au tout début, avant leur présentation officielle, celles-ci ressemblaient à un gros boîtier électronique apposé sur des branches de lunettes.

Le but de départ n’était pas de vendre des Google Glass au grand public selon Florent, c’était principalement une volonté “de sortir un programme glass explorer et de sélectionner des personnes (américaines, forcément) qui allaient pouvoir tester la version bêta”.

Très vite, d’autres lunettes connectées sont arrivées, pourtant, “pour l’instant il n’y a rien qui puisse concurrencer les Google Glass sur la réalité augmentée (vision déportée)

Aujourd’hui, où en est-on ?

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L’actualité présente est sans surprise pour Florent, avec beaucoup de surprises pour votre dévouée rédactrice qui croyait, fut un temps, avoir entendu que des boutiques Google Glass étaient ouvertes pour que nous puissions en acheter…

On s’explique : les boutiques Google glass ont fermé, “ce n’est pas un grand changement, les glass store c’était plus de l’affichage, ça ne vient pas du tout annoncer la mort des glass”, Florent nous rassure, mais que deviennent les Glass ?

“On pense que ça a beaucoup plus de potentiel sur du B2B que sur du B2C”, autrement dit, les Google glass ne sont pas destinées à nous autres pauvres mortels, les Google Glass seraient plutôt créées dans l’optique de faciliter le travail des entreprises, des professionnels, ce ne sont pas, finalement, des gadgets destinés à l’amusement, mais bien, au travail. Moins drôle de suite…

Un constat qui provient selon Florent de “la certaine peur, qui n’est pas justifiée, mais qui est réelle”, les Google Glass effrayeraient la population. Aucune réelle justification pourtant, “tout ce que font les glass, un smartphone peut le faire, l’atteinte à la vie privée est la même”.

Il se pourrait également que l’engouement pour les glass ne soit pas, par peur d’une perte définitive de contacts sociaux… Mais y a-t-il une réelle différence entre avoir le nez collé à son téléphone et continuer de regarder son interlocuteur droit dans les yeux pendant que l’on est averti du message sur nos lunettes ? C’est d’ailleurs “un paradoxe, Google avait sorti les glass pour éviter, ce qui est courant dans notre vie de tous les jours, de prendre son portable et de baisser les yeux, avec les glass on peut garder le contact visuel”.

Donc, pour l’avenir…

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En l’état actuel des choses, les Google Glass ne peuvent pas être vendues à tout un chacun. On s’explique :

  • en utilisation continue, avec Web, GPS, etc. la batterie ne dure qu’une heure, bien trop peu pour en faire un gadget à la mode, utile. (la discussion sur l’enregistrement dans les salles de cinéma américaines nous direz-vous ? “c’est n’importe quoi, on ne peut pas filmer tout le film et la qualité est bien trop mauvaise, c’est une peur irrationnelle” constate Florent GASTAUD)
  • Utilisées à pleine puissance, les lunettes ont la fâcheuse tendance de surchauffer et de s’éteindre.
  • 1500 dollars, 1225 euros, avec ces défauts, ce n’est pas gagné…

Pour notre spécialiste donc, seule la commercialisation auprès des professionnels peut être rentable, “les applications en ce sens sont formidables, il y a moyen de permettre des améliorations dans le travail, certaines étapes pourraient être de bien meilleure qualité grâce à cela.  Libérer ses mains tout en ayant l’information, sur une chaîne de montage par exemple, peut s’avérer très utile”

C’est pour ces raisons que le vrai marché des Google Glass se situe au sein des entreprises. Ceci-dit “un renversement médiatique pourrait inverser ce phénomène, il y a un an personne ne pensait avoir sa balance connectée, avec Withings et leur campagne de publicité, cela devient comme une évidence pour tout le monde de connecter son poids

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Quant aux autres lunettes connectées

Suite à l’arrivée des Google Glass, d’autres lunettes connectées sont rapidement apparues sur le marché : c’est le cas notamment des français avec Optivent, des smart Eyeglass de Sony ou encore de Samsung. Epson s’est légèrement éloigné du concept avec ses Moverio BT 200 qui ont un usage différent grâce à un rétroprojecteur intégré dans les lunettes.

Mais à l’heure actuelle, “il n’y a pas réellement de concurrence sur le marché”. Les Google glass ont surpris en annonçant un programme explorer, elles sont arrivées sur le marché avant les autres, pour casser la concurrence et profiter de la communauté google pour développer des applications”.

Les autres lunettes connectées, semblerait-il, sont arrivées sur le marché plus, pour ne pas être trop en arrière si jamais le marché venait à se développer, mais en aucun cas en ayant un réel programme derrière. Elles ne font pas de développement ni ne proposent de nouveautés, “une pseudo innovation” selon Florent. À l’inverse des Google Glass qui, elles, proposent chaque jour de nouvelles applications…

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En conclusion, les lunettes connectées autres que Google Glass s’en sortent quand elles se spécialisent sur un objectif précis d’entreprise, en ciblant un besoin, elles créent une application, c’est notamment le cas des lunettes pour agriculteurs d’Arsoe.

Les Google Glass restent donc les plus diffusées sur le marché, il n’y a pas vraiment de concurrence et elles envisagent de s’adapter à de vraies montures grâce à leur partenariat avec la maison mère de Ray Ban, Luxottica (pour plus d’informations à ce sujet, le site de Florent a sa rubrique spéciale Google Glass…)

Et pour l’heure, “c’est plus la réalité virtuelle qui a le vent en poupe” conclut Florent Gastaud.

Quant à votre dévouée rédactrice, elle en conclut qu’elle ne savait vraiment pas grand chose au final sur ces fameuses Google Glass et que ce n’est pas demain la veille qu’elle en achètera…