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Le phénomène E-book !

Le grand rendez-vous annuel des mangeurs de bouquins a lieu ce week end. La Porte de Versailles s’ouvre pour accueillir du 21 au 24 mars le fameux salon du livre de Paris. Au programme, dédicaces, conférences et lectures. Cette année, le salon du livre mettra à l’honneur les lettres argentines et la ville de Shanghai. Plus de trente écrivains parmi les plus représentatifs de la littérature argentine sont attendus. A l’honneur également : le numérique.

E-book

Le livre 2.0 c’est quoi ?

Commençons par le commencement, le livre numérique est un livre édité et diffusé sur un support électronique : sur une tablette, un ordinateur, un smartphone ou encore sur une liseuse. En fonction du support, les services proposés de la tablette peuvent changer. Fini le papier, le dictionnaire, le stylo pour mettre des notes et la loupe pour grossir un texte trop petit, les liseuses proposent le tout en un. Ecran de 5 à 8 pouces, poids léger, dictionnaire intégré, connexion wi-fi ou bluetooth, choix des tailles et format de la police ou encore clavier intégré pour les annotations, l’e-book est une vraie révolution. Mais si le gadget est pratique, ce qu’on lui reproche c’est bien le fait d’être un gadget. Si internet est aujourd’hui ancré dans notre culture et qu’il n’y a plus de retour possible, le livre numérique, en essor depuis quelques années en France, est sujet a controverses.

La France en passe de céder

Le phénomène e-book se développe. Si aux Etats-Unis, 40% des livres sont vendus sur e-book, en France le livre numérique est encore en phase de croissance et représente 1% à 4% du marché. « La France est en retard », commente le PGD du studio de création Rosalis. « Mais le numérique occupe désormais une part non négligeable du marché du livre ». « Le marché ne va faire que s’accroitre, et d’ici une vingtaine d’année, il n’y aura presque plus de papier. » Si les français sont plus réfractaires que leurs voisins outre-Atlantique, il s’est quand même vendu plus de 500 000 liseuses l’an dernier. Et si l’on rajoute les smartphones sur lesquels on peut également lire, le phénomène e-lecture pourrait aller jusqu’à 30 millions d’appareils.

Tout le monde veut prendre sa place

Malgré les quelques controverses, le livre aussi est obligé de passer par une révolution 2.0.  Fnac, Amazon et même la grande distribution Carrefour, tout le monde veut faire partie de la grande révolution numérique. Les grands perdants du match étant les libraires indépendants qui voient leurs ventes reculer sous le triple effet de la crise, des ventes sur internet et de l’essor du marché des E-book. Reste à savoir jusqu’où iront les grands groupes comme Amazon. L’industrie du livre papier est-elle en passe de suivre celle de la musique et de disparaître ? Affaire à suivre.

Reportage au salon du livre
Reportage au salon du livre

A l’occasion du 34ème salon du livre de Paris, notre équipe est partie en reportage à la recherche du numérique.

Lundi 24 mars, dernier jour du salon du livre. Métro 12, étonnamment pas beaucoup de monde. Quelques lecteurs, deux ou trois accros à Candy Crush et une dame qui fait la manche dans les allées de la rame. Arrêt porte de Versailles, le monde est là. Juste à la sortie numéro 1, entre les deux lignes de tramways et les quelques bouches du métro Porte de Versailles, toutes très rapprochées. Phénomène étrange, la foule se divise en deux. Et pour cause, le salon Mondial du Tourisme est proposé de l’autre côté du trottoir. Il faut traverser la rue, juste un passage clouté et on y arrive, le salon du livre 2014 est juste à côté du Palais des Sport. Juste avant de passé la grande grille verte qui nous amène dans l’univers de la littérature, quelques personnes distribuent des tracts. Les journées musicales Marcel Proust à Cabourg qui auront lieu en octobre prochain, un restaurant indien, Swades, dans le 15ème arrondissement de Paris qui fait sa promo ou encore un concert de Chopin pour 25 euros à l’Eglise Saint-Ephrem du 2 au 9 avril à Paris.  Si la plupart des prospectus finissent dans les poubelles vertes transparentes de la porte de Versailles, les publicitaires ne lâchent pas le morceau et les distribuent au plus grand nombre. On passe la grande grille verte, à l’entrée du salon, un stand de bonbons multicolores, de sucettes géantes et de cacahuètes grillées. En face, deux groupes scolaires dissipés. Les professeurs semblent avoir du mal à gérer les élèves, plus préoccupés par le stand de barba papa que par le salon du livre. Tout droit, c’est l’entrée de la presse. M6, TF1 et BFM TV tournent des images de la queue des visiteurs qui se trouvent un peu plus loin. Représentants de la presse écrite et de la Radio sont également venus en nombres. Juste à côté, l’entrée des auteurs, des intervenants et des responsables du salon. Pour le public, c’est un peu plus loin, de l’autre côté de la géode du Palais des Sports. Le prix de l’entrée, c’est 10 euros pour tout le monde. Enfin non, pas pour les moins de 18 ans et pas pour les séniors de plus de 65 ans. Dans la queue justement, il n’y a presque que des séniors. Comme s’ils étaient venus juste pour profiter de la gratuité du salon. Dernière étape avant le franchissement de l’exposition : l’enregistrement de la place par deux hôtesses, tailleurs gris, talons noir, cheveux attachés en chignon et foulard bleu.

Une fois dans le salon, toutes les éditions sont là : Flammarion, Gallimard, Folio, Hachette. Sur la droite, les stands des radios France Culture et France Bleu proposent des émissions en direct avec des intervenants du salon. Juste à côté, ce sont les liseuses qui sont représentées avec à chacune leurs particularité : l’Aqua de Pocketbook, la nouvelle liseuse étanche et juste en face, la Kindle Touch et son écran tactile. C’est justement la préoccupation du jour : les liseuses électroniques.

On commence par le premier stand, le gyrophare Amazone. Mais malgré les nombreuses personnes qui s’en occupent, impossible de parler à qui que ce soit tant il y a foule. 14h, 15h, 16heures : ce n’est même pas la peine d’y penser, si les heures défilent, le monde, lui, reste. 17h30, hourra, une conseillère se libère ! Finalement, ne parler à personne n’était peut-être pas si mal que ça. Sourire Darty, énumération des qualités du produit ou encore ton commercial, quand les questions ne portent pas sur son bijou numérique, la représentante du géant américain est perdue et s’en va. Oui, oui, vous avez bien lu, elle s’en va tout simplement. Derrière, le stand Pocketbook et sa liseuse étanche. Cette fois, le vendeur est très sympathique. Si vous êtes perplexe au premier abord, si vous vous rappelez de votre ancienne montre censée être étanche qui, une fois dans l’eau s’avérait ne plus l’être, ce n’est pas le cas ici. Le conseiller vous propose même de tester le produit vous-même. Trois bassins sont à votre disposition pour faire faire trempette à votre tablette. Chez Booken, deux stands plus loin, l’étudiant aux grands yeux bleus en charge du stand nous confie que « le livre papier n’est absolument pas mort » et qu’il en est le premier client.

 Je suis étudiant en commerce et je travaille pour cette boite, mais en réalité, moi les livres, je les lis sur un support papier
Son patron, lui, considère que « les liseuses sont le futur du livre », et que les deux marchés sont complémentaires. Selon lui, « tout est une question d’équilibre » mais c’est vrai qu’il a « peur pour l’avenir du livre papier ». Dans l’aile numérique, de l’autre côté des Booken, Pocketbook et compagnie, on trouve des studios de création. Une fois lancé, le représentant de l’équipe Rosalis ne peut plus s’arrêter. « Le papier en général prend un sacré coup avec l’arrivée du numérique. » Selon lui il a besoin de renouveau s’il veut « continuer à exister ». Les générations futures ? « Elles apprendront à lire à l’école sur des liseuses ». Il raconte, son fils de sept ans est déjà initié et l’a adopté. Il plaisante même : « il faudrait déjà que les générations futures lisent ! » Chez Zebook, c’est un garçon tout timide qui vient nous expliquer que « non, le livre numérique ne remplacera pas le livre. » « Le livre n’a pas de batterie, on peut tourner les pages, le sentir, le mettre dans sa bibliothèque, c’est un objet, la tablette est un gadget. Mais c’est un gadget utile. » La visite continue, au fond du salon, tous les groupes scolaires sont réunis. Passionnés par l’exposition, ils sont tous assis par terre entre la cafeteria et le bar à huitres. Certains sont mêmes allongés et dorment. Un peu plus loin, un représentant de la Bibliothèque nationale de France nous explique que la bibliothèque aussi évolue avec le numérique.
Aujourd’hui, la demande est de plus en plus forte et les bibliothèque doivent s’adapter. Le modèle de la «bibliothèque du futur », sera plus un lieu de rencontre, de partage qu’actuellement et le numérique en fera partie.
 Mais selon lui, le papier n’est pas mort et de toute façon, « il y a tellement d’ouvrages qu’il est impossible de tout numériser ». Au stand des bandes dessinées, on découvre que le numérique fait également son entrée. Mais le grand moustachu qui nous en parle est assez mesuré : « Ce n’est pas la même chose que pour le livre, une bande dessinée est avant tout un objet presque de « décoration ». Même si on s’aperçoit que le numérique, arrive progressivement ». Les avis sont partagés, les points de vue divergents mais en attendant, le livre n’est pas mort, le papier existe encore.

Pôle numérique du salon du livre

 

1 commentaire

  1. @eskemm22 J’étais une “pro-papier” depuis toujours … Et depuis que j’ai testé la liseuse, je ne peux plus m’en passer !

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