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[DOSSIER] L’école et les élèves de demain, des élèves connectés ?

Les objets connectés sont de plus en plus nombreux à la maison. Nous avons voulu savoir ce que réserve l’avenir à nos enfants, à l’école et dans les clubs de sport. L’école et les élèves de demain, des élèves connectés ?

classe connectée

Sur le chemin de l’école, dans la cour de récréation ou en classe, pendant les activités extra-scolaires ou à la maison, les objets connectés accompagnent ou équipent nos enfants (même les tout-petits) dans leur vie quotidienne et scolaire.

Surveillance médicale pour le sport (certaines maladies peuvent nécessité une observation  constante comme le diabète, l’asthme) ou pendant les devoirs, géolocalisation, contrôle de leur assiette… Les usages sont multiples et les dérives aussi.

Qu’on le veuille ou non, les objets connectés envahissent petit à petit la sphère familiale. L’école commence à se laisser convaincre du soutien apporté aux enfants via des apprentissages plus ludiques, de nouvelles méthodes.

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L’Environnement numérique de travail, une préconisation ministérielle

En France l’école connectée se résume à l’Environnement Numérique de Travail (ENT). Tableaux interactifs, sites d’informations et exercices en ligne, quelques applications assez classiques comme la messagerie, un forum et un blog. Le cahier de texte est l’élément principal de ce dispositif. Les élèves ont accès au programme, aux exercices et à leurs devoirs. Vous pourrez découvrir les exemples d’usages pédagogiques des TBI sur cette vidéo :

Pour l’année 2013-2014, seuls 23 établissements ont participé au programme “collège connecté”. Les avantages mettent en avant, outre une diminution des coûts de fonctionnement et une mise à jour plus régulière des manuels, une plus grande accessibilité aux cours par les élèves, même en cas d’absence. Ils peuvent découvrir les cours à la maison ce qui laisse plus de temps en classe par des travaux pratiques et des exercices. Les enseignants peuvent alors accompagner plus particulièrement les élèves en difficulté. Mieux prendre en compte le rythme d’apprentissage de chacun s’est aussi redonner à l’élève sa place d’individu en adaptant la pédagogie à sa personnalité.

C’est le principe de la “classe inversée”. Développer l’esprit collectif dans une classe est un des objectifs et un des avantages de l’ENT.

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Si l’ENT est plutôt dédié aux lycéens, dès le cours préparatoire, nos enfants se familiarisent avec l’outil numérique. Les classes se dotent petit à petit de tableaux intéractifs.

Nous avons rencontré Sandra Martin, chef d’établissement et Sylvie Grellety enseignante en CP cette année et porteuse du projet pour l’école Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin la Sainte Baume dans le Var (83).

Dans cet établissement, les tableaux intéractifs (TBI) ont trouvé leur place à côté des tableaux noirs. Le bilan, après deux ans d’utilisation, est très positif. Les enseignants s’en servent comme rétro-projecteur, pour les recherches, regarder des vidéos et écouter de la musique.

C’ est un outil qui facilite le travail et l’attention des élèves” reprennent de concert Sandra et Sylvie. Et “c’est un point positif pour l’école et facilitateur de nouvelles pédagogies” ajoute Sandra.

En effet pour l’adulte “le TBI permet de mieux organiser ses cours. Les exercices sont plus clairs pour les élèves qui visualisent et comprennent mieux les consignes” explique l’enseignante.

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Les élèves viennent plus volontiers au tableau”

Pour les élèves aussi le résultat est sans appel : “C’est plus facile avec les fiches de travail. Je préfère la classe avec le tableau” confie Melvin, 8 ans. Les élèves voient la même fiche sur leur table ou cahier que sur le tableau. Les explications et les corrections sont plus visibles et donc mieux comprises.

Mais attention le numérique n’est pas une baguette magique et rien ne remplace la volonté et le professionnalisme d’un enseignant pour capter l’attention de l’élève car quelque soit le support et le sujet  il doit intéresser son auditoire.

L’école évolue et  les enseignants évoluent avec elle, c’est rassurant.” nous confie Vanessa Tonarelli, juriste de formation et maman de deux élèves de Sainte Marie-Madeleine, “ils adaptent leurs méthodes, ont cette implication pour chercher des pistes et des solutions pour se renouveler. Pour nos enfants c’est naturel. Le tableau numérique est un outil, il fait partie de la classe”.

Les TBI ont été très bien accueillis par les parents. Aucun doute pour Sandra Martin qui en avait déjà l’expérience personnelle en tant que mère de famille. “Au collège, les enfants préparent leurs exposés sur une clè USB et les présentent en classe sur le TBI.”

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Les professeurs s’adaptent, les parents s’interrogent. Les enfants eux, se pose beaucoup moins de questions. Au-delà de nos frontières, le numérique a aussi fait sa rentrée en classe. Nous avons l’impression, souvent à juste titre, que nous avons deux ou trois wagons de retard avec le reste du monde. Est-ce aussi vrai pour l’école connectée ? Sortez vos mouchoirs, c’est vrai !

Pour preuve, cette école arménienne de langue française à Montréal. L’école Alex Manoogian vient de présenter sa charte d’utilisation du réseau sans fil et de l’utilisation d’appareils mobiles. Et quand nous en sommes à nous poser la question, eux signent une charte.

L’école souhaite favoriser l’utilisation des ordinateurs, des tablettes, des baladeurs numériques, des lunettes et des montres intelligents appartenant aux élèves et enseignants tout en encadrant cette utilisation par une charte visant à sensibiliser et à responsabiliser l’utilisateur.”

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Et oui, vous avez bien lu : montres intelligentes appartenant aux élèves !

Evidemment le respect de la vie privée est à l’origine de la charte. Enseignants et élèves peuvent donc apporter leurs matériels. Le BYOD (Bring Your Own Device) se base sur ce principe, déjà développé aux Pays-Bas.

Le collège Bonhoeffer compte 4 500 élèves de 12 ans à 18 ans dans la petite ville de Enschede. Deux cents iPad ont été offerts aux professeurs tandis que les élèves étaient autorisés à apporter le leur. Cette année 1800 nouveaux iPad devraient être reliés à Airwatch, société spécialisée dans les solutions de gestion de mobilité. Objectif : interactivité et collaboration.

Une tablette comme outil de travail à l’école, de quoi faire rêver nos lycéens. Et pourtant encore faut-il pouvoir en avoir une. Les BYOD ne creuseraient-ils pas les inégalités ?

Mais dans un monde idéal, à quoi ressemblerait la trousse d’un écolier. La solution pour des cartables plus légers ?!

Des élèves connectés avec des trousses scolaires connectées

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Stylos, feutres, gomme, la trousse de nos enfants est vouée à disparaître. Imaginons le cartable de demain. Le plus léger de toute l’histoire puisque nos enfants pourront aller en classe, les mains dans les poches.

Vous faîtes les grands yeux mais commencez par boucher les oreilles de votre progéniture car il existerait un stylo qui corrige les fautes d’orthographe ! En fait c’est ce que nous faisons tous les jours avec les correcteurs orthographiques de nos ordinateurs, mais nous avons quitter les bancs de l’école depuis un moment et sommes sensés maîtriser l’écrit.

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Alors, la fin annoncée de notre bon vieux Bic !? Que les cancres ne se réjouissent pas trop vite. Le Lernstift, créé par une société allemande, ne corrigent pas vraiment les fautes, ils les détectent. Il existe aussi les scanners de poche qui numérisent en direct vos notes pour les envoyer ensuite sur un smartphone (pratique pour les enfants malade qui n’auront plus à se surcharger de travail pour rattraper les cours de la veille). La Slate (la Française) s’utilise comme nos buvards d’autrefois. Placez Slate sous votre feuille et vos notes sont numérisées. Le smartpen de Livescribe est muni d’une mini caméra qui transfert vos notes vers un appareil numérique.

En bref, les enfants écriront et liront toujours mais les méthodes même si elles nous dépassent un peu, évoluent avec notre société. Plus rapides. Plus connectées. A quand le premier sac a dos connecté qui vérifie son contenu (trousse, cahiers, etc) par rapport à l’emploi du temps de votre enfant ? mais aussi que vérifie que le poids de celui-ci n’est pas supérieur à ce que peut porter l’enfant (en fonction de son indice IMC) ?

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Lernstift, détecte les fautes

Et le sport ?

Les objets connectés dédiés aux enfants servent soit à les surveiller de loin soit au “quantified self”. Montres ou boitiers mesurent les performances sportives et veillent sur la santé de nos chères têtes blondes.

Les bracelets connectés peuvent-ils trouver leur place dans le cadre d’un cours de sport ?

Dans les cours d’EPS à l’école “l’important est de participer”, donc la réponse est plutôt négative. En revanche dans les clubs, ils trouveraient plus logiquement leur utilité.

D’autant que si la montre est connectée au smartphone des parents… Je vois déjà les panneaux lumineux dans vos yeux clignoter “danger”. C’est la porte ouverte à toutes les dérives, à l’intrusion des parents dans l’école.

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Suivre les faits et gestes de son enfant en temps réel est-ce vraiment souhaitable et raisonnable ?

Ce serait s’immiscer dans sa vie, dans sa sphère, dans son moment. Ce serait s’interdire le plaisir de la discussion. En tant que parents, nous devons les accompagner vers l’autonomie. Les enfants aussi ont leur jardin secret, ils ne sont pas obligés de tout partager avec leurs parents.

Mais comment ou avec quels objets pourrait-on équiper nos petits sportifs ?

Les objets connectés pour les activités extra-scolaires…

Pour les plus grands et pour faire comme papa, une montre connectée pour le sport qui indique les progressions et performances.

Sur le casque de rugby ou de vélo, le Jolt trouvera forcément sa place. Ce petit boitier prévient le sportif, son entraîneur et un de ses parents par exemple qui assiste à l’entraînement des chocs subis. Si les chocs sont trop dangereux, il envoie une notification prévenant de l’arrêt du jeu pour plus de précaution.

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Si vos enfants sont comme des poissons dans l’eau mais que vous stresser à chaque fois qu’ils mettent la tête sous l’eau ou que vous craignez un accident si ils sont trop petits, Iswimband est fait pour vous. Clipsez-le sur le bonnet de bain, il vous préviendra si la tête de l’enfant est immergée trop longtemps.

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Enfin terminons par les “footeux”, le ballon rond Adidas Micoach vous informe sur la vitesse, la trajectoire du ballon. L’enfant pourra ainsi rectifier son tir !

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Après l’entraînement, votre enfant équipé d’un bracelet Tinitell vous appelle quand il est l’heure de venir le chercher. L’indépendance, en quelque sorte… et la liberté pour nous, parents !

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Voir son enfant grandir est toujours très amusant même s’il y a toujours cette appréhension qui se transforme parfois en véritable paranoïa. Nous attendons des  objets connectés toujours plus de sécurité, nous voulons être exactement là où nous ne sommes pas. Malheureusement nous ne pouvons pas tout contrôler. Et nous sommes bien obligés de faire confiance en notre enfant qui est un individu à part entière avec sa part de silence et de secret. Confiance en l’école aussi. Dans une société où tout va très vite, où l’immédiateté est la norme, il faut savoir prendre son temps. Le temps d’apprendre, de faire des erreurs. Même si il faut faire avec des outils nouveaux… Mais ce qui est nouveau pour nous, ne l’est pas forcément pour eux. S’adapter et rester vigilant, à la maison et à l’école car l’enfant ne grandit pas en vase clos. Il se nourrit de son environnement. D’ailleurs, en Afrique ne dit-on pas : “Il faut tout un village pour éduquer un enfant”.

Bonus : Reportage Spécial Investigation : Ecole connectée du futur, la fin des profs ?

1 commentaire

  1. A quand l’auto école connectée et les élèves de demain ? #permispourtous #autoecole @BCazeneuve