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Big data et médecine, quelle place dans notre quotidien ? L’exemple des balances connectées

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Jean-Pierre Elkabbach et Agnès Buzyn Ministre de la Santé, ont débattu le 31 août dernier sur CNews de l’utilisation des données personnelles concernant la santé et la Big data. Un sujet épineux, indispensable à traiter, en vue de l’explosion des ventes de tracker de santé partout dans le monde.

Le 31 août dernier, Agnès Buzyn, Ministre de la santé, était l’invitée de Jean-Pierre Elkabbach sur la chaîne CNews. Après avoir expliqué en détails sa feuille de route, l’ancienne présidente du collège de la Haute autorité de santé (HAS) s’est penchée sur une question délicate, celle de l’utilisation des big data en médecine. Elle parle dès lors d’un outil extraordinaire qui va permettre une meilleure médecine, tout en n’oubliant pas de remettre les médecins au centre du débat en expliquant qu’ils doivent être au cœur de l’analyse de ces big data. Comprenez, les big data oui, mais pas sans les médecins. En effet ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer une « ubérisation » de la médecine, en utilisant des technologies pour les mettre de côté. Il est vrai que la question peut se poser, prenons l’exemple des balances connectées.

Un progrès technologique et scientifique

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Pour illustrer nos propos nous allons prendre l’exemple d’une balance qui a connu un certain succès sur le marché la « Terraillon Web Coach Pop ». Cette balance remplit les fonctions classiques d’une balance connectée, évidemment évaluation du poids classique, puis transmission de données à un outil connecté (smartphone ou tablette) : courbe de poids sur une semaine, un mois ou un an, situation du poids à date donnée, IMC et indice de masse grasse. En quelques secondes on peut disposer d’un tas de données techniques. On peut dès lors soi-même analyser ces données et donc adapter son régime alimentaire ainsi que son activité physique. Voilà qui est pratique lorsque l’on veut suivre un programme qui nous correspond, mais cela peut pousser à des dérives. C’est l’un des points sensibles de la santé connectée.

Attention à la fuite en avant

En plus des données évoquées, cette balance permet aussi de partager en ligne ces résultats. Si cette fonctionnalité peut remplir son rôle premier de suivi et de motivateur, elle peut aussi pousser à une véritable obsession de la performance. Dans un article datant de 2014, Madame Le Figaro regroupe des témoignages de personnes s’étant fait entrainer par cette spirale infernale. Quand un médecin ou un nutritionniste ferait un suivi au rythme de rendez-vous espacés de plusieurs semaines, la balance connectée peut imposer un contrôle quotidien qui peut s’avérer dangereux. Cela peut dès lors être associé à des troubles du comportement alimentaire.

La balance connectée : un outil pratique qui ne doit pas faire disparaitre le suivi médical

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La parole de la Ministre de la santé prend ici tout son sens. Si les big data peuvent être utiles, elles ne doivent pas occulter la part du suivi médical. Si l’on achète une balance connectée dans le but de suivre un régime spécial, cela ne peut se faire sans consulter l’avis d’un médecin. L’utilisation des big data en médecine soulève beaucoup de questions. Dans un article consacré à la question, “1&1” nous rappelle que « malgré les opportunités dans ces domaines, beaucoup de questions d’éthique demeurent ». Cela nous renvoie vers le débat de l’auto médicalisation et ses dangers. Les données fournies par la balance connectée doivent être prises comme source d’informations, comme indications mais ne doivent dicter le comportement à suivre, cela ne peut se faire sans médecin.

Les big data sont en passe de révolutionner de nombreux domaines et la médecine n’est pas en reste. De nouvelles données apparaissent, le tout analysable très rapidement. Mais une question d’éthique se pose, peut-on s’en servir sans être médecin ? Les balances connectées en sont le parfait exemple. Si elles sont utiles et peuvent apporter de nombreuses informations, elles ne doivent pas modifier nos comportements sans l’avis d’un expert. Elles peuvent accompagner, en aucun cas soigner.

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