Accueil / Internet des Objets / [Enquête] Les objets connectés sont-ils dangereux pour l’emploi ?

[Enquête] Les objets connectés sont-ils dangereux pour l’emploi ?

dossier

Depuis quelques années, un véritable engouement populaire pour les objets connectés se fait ressentir. C’est une véritable explosion, ils sont absolument partout dans votre maison, votre bureau et même sur vous ! Il faut dire que depuis l’explosion de la bulle informatique il y a dix ans, beaucoup d’entreprises et de concepts pour « simplifier » (ou du moins, numériser) la vie des gens, ont émergé et prospéré ! Mais le problème de cette simplification, c’est qu’elle est également valable dans le cadre de l’emploi, alors voici la question : les objets connectés sont-ils dangereux pour l’emploi ? 

Une transformation et non une suppression

Avec une telle croissance des objets connectés, nous pourrions penser que l’emploi humain est voué à disparaitre, seulement il faut garder à l’esprit que pour créer des objets, et bien il faut des mains et un cerveau pour le fabriquer ! En effet il y a une certaine méprise pour les objets connectés, car ils ne détruisent pas l’emploi, mais le transforme bel et bien ! La crise qui a frappé de plein fouet le monde entier en 2008 serait arrivée quoiqu’il arrive, le marché des objets connectés a commencé à connaitre une expansion de grande envergure au même moment, il s’agit là d’un mauvais concours de circonstances. Il faut aussi prendre en compte l’immense avancée réalisée ces dernières années dans les domaines de la technologie et ceux de l’aide à la personne ! Alors certes peut-être que les objets connectés créer un peu de chômage, mais le nombre de postes engendrés grâce à eux prouvent bien qu’ils agissent comme un générateur de l’emploi. Ces petits objets transforment l’emploi, car oui la révolution économique qui l’accompagne a besoin de travailleurs ! Mais malheureusement pas n’importe lesquels, il lui faut des « ouvriers qualifiés » comme des ingénieurs, des développeurs ou des programmeurs, bref des emplois demandant des qualifications, des connaissances et un certain niveau d’étude.

dossier
Les objets connectés modifie les travailleurs et par conséquent le travail en général.

Voilà d’où vient le principal hic des nouvelles technologies, pour continuer à avancer et à innover il lui faut un personnel jeune, motivé et connaissant bien ces dernières ! Ce qui exclut une certaine tranche de la population, comme les personnes quinquagénaires sans emplois, sans connaissance par rapport aux objets connectés et plus intéressés par des métiers dits « classiques ».  Les emplois plus manuels sont délaissés et abandonnés au profit de postes plus intéressants et mieux rémunérés. Petit exemple, le taux de chômage chez les ingénieurs atteint à peine 4,8% selon la dernière enquête réalisée par l’IESF (l’association des Ingénieurs et scientifiques de France). Autre exemple, en France le nombre d’agriculteurs est passé de 30% à moins de 4% en l’espace de cinquante ans, alors que le nombre de cadres en entreprises a quant à lui doublé, au cours de ses vingt-cinq dernières années selon l’OCDE !

graphique dossier emploi

Un secteur privilégié ?

Il est vrai qu’aujourd’hui travailler à la Silicon Valley, dans les bureaux de Google, Facebook ou encore Apple peut inciter bien des jeunes à choisir des filières et des études scientifiques. Il faut dire qu’avec des prévisions de  quelques 36 000 créations de postes attendues en France et 160 000 en Europe d’ici cinq ans (rapport du journal LeMonde), le secteur du connecté à de quoi attirer. Mais qu’en est-il des personnes de 40 ou 50 ans sans expérience dans ce milieu, et souhaitant essayer ? Eh bien, elles suivent une formation pour apprendre les bases, et ensuite peut-être obtenir un poste. Mais il est de notoriété publique, que « naitre » et grandir dans la technologie n’a strictement rien à voir avec apprendre, lorsque nous sommes plus âgés. Il faut l’avouer, entre une personne de 25 ans véritable adepte de technologie depuis son plus jeune âge, et une personne de 50 ans qui a évolué dans un tout autre univers, l’écart est considérable. De plus, de nos jours l’avenir s’est presque entièrement tourné vers la technologie et la numérisation, ce qui resserre considérablement l’étau sur une certaine catégorie de la population.

Le véritable risque

Les objets connectés sont susceptibles d’apporter un risque pour l’emploi, mais uniquement dans certains domaines, surtout ceux touchant à « la personne ». Par exemple en France en 2014, les montres de sport connectées ainsi que les trackers d’activité physique se sont respectivement vendus à plus de 250 000 et 200 000 exemplaires chacun, selon l’étude menée par l’institut GfK. « Le marché des wearables est d’une taille équivalente à celui des lecteurs MP3 ou DVD », indique Michael Mathieu, directeur des marchés de l’Image et des Télécoms chez GfK. Les transports pourraient aussi se voir envahir d’objets connectés, notamment des drones dans le domaine de la distribution (comme le géant Amazon, mais aussi la Suisse), simplifiant et raccourcissant le temps et le trajet des livraisons.

dossier

Au final, les seules « cibles  potentielles » qui pourraient intéressées des objets connectés, sont souvent des secteurs nécessitant un certain temps d’attente, alors que le besoin est pressant. Voilà le but des objets connectés, simplifier la vie de tout le monde, y compris de celles et ceux se situant le plus à l’écart (volontairement ou non).

IoT dossier

Au final ?

Finalement, oui les objets connectés créent peut-être une certaine inactivité au niveau de l’emploi, mais ils en conçoivent également beaucoup de nouveaux postes et d’entreprises ! Un processus économique simple explique ce que nous sommes actuellement en train de traverser, cela se nomme la « destruction créatrice » ! Elle consiste en là disparition et l’apparition simultanée de différents secteurs économiques. Cependant, toutes les innovations ne remplacent pas et ne détruisent pas (ou du moins pas totalement) et de manière systématique les activités dans lesquelles elles se produisent. Dans le cas des objets connectés donc, l’emploi humain n’est pas supprimé, il se modifie et s’adapte simplement à la nouvelle ère technologique dans laquelle il se situe.

destruction créatrice dossier emploi

 Une étude menée par le magazine Maddyness spécialisé dans les start-ups affirme que 36 millions de professionnels de l’informatique travailleront d’ici 2018 ! Il s’agit certes d’emplois qualifiés, mais au vu du nombre de jeunes se tournant vers l’informatique et l’ingénierie (+7% par an depuis 1990 selon l’Insee), tout indique que le secteur des objets connectés devrait constituer en un formidable Eldorado de l’emploi.